Le secret de Maragi

Un récit des cités célestes

L’agile Maragi s’initie aux manœuvre sur le dirigeable de son père endetté, voguant dans l’air glacial à 6000 mètres au-dessus de la surface empoisonnée de la Terre. Elle rêve de parcourir les mers infinies de nuages, dernier refuge de l’humanité, mais les hommes d’équipage acceptent mal sa présence à bord. Pourtant, la jeune fille sans mère préfère cette vie difficile aux chaînes qui l’attendent dans la société rigide des Cités célestes…

Un fragile secret laissé par des passagers clandestins placera Maragi devant un choix déchirant, car le préserver risque de briser son rêve de liberté.

Une vision audacieuse d'un futur aéropunk par l'auteure de SF Michèle Laframboise

 

Parution :
Maison d’édition : Echofictions (https://echofictions.com/)
Extrait :

Alliance Victorienne, an 766 de l’Envol

Une bouffée d’air glacial gifla Maragi lorsque son père déverrouilla l’écoutille avant du cargo Mad Bundle.

Le hurlement éternel des vents de haute altitude s’invita dans la cabine de pilotage, se joignant au grincement des rouages, aux craquements des câbles tendus qui gardaient unis vaisseau et ballon, aux murmures rugueux des voiles, aux grondement sourds des propulseurs jumeaux qui poussaient le dirigeable vers l’avant.

Maragi serra les poings dans les gants de suède qui avaient appartenu à sa mère, une commerçante avisée qui avait longtemps navigué avant sa naissance. Elle ajusta ses lunettes cerclées de cuivre par-dessus son casque, avec des douillets cache-oreilles qui laissaient passer les sons sans inviter l’air glacial.

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Elle passa ses jambes de pantalon par les ouvertures du harnais cousu à une large ceinture, qu’elle agrafa par-dessus sa veste. En dépassaient quatre anneaux d’ancrage, leur métal si usé et égratigné, leur forme si géométriquement parfaite que Maragi était certaine qu’ils devaient remonter avant l’Envol. Sa ceinture, par contre, avait été confectionnée récemment, une bande de cuir artificiel à base de champignons, renforcée de fils de métal. Sa veste, par contre, était un legs de sa mère, en vieux cuir amoureusement ciré.

Deux cordes de réserve, chacune embobinée comme une petite saucisse, pendaient à deux des anneaux.

Le thermomètre boulonné à l’extérieur du cockpit indiquait soit moins 23 ou moins 28 degrés Celsius. La vitre glacée du cadran—et celle du cockpit, cernée de frimas—cachait le dernier chiffre. Maragi consulta le tableau de bord. La fine aiguille de l’altimètre vacillait autour de 6000 mètres. À cette altitude, la température extérieure serait plus proche de moins 28 C en tenant compte du facteur vent.

Le soleil ne s’était pas encore levé, préservant Maragi des dangereux rayons UV qui avaient laissé sur son visage une traînée de taches de son (lors d’une sortie imprudente). Mais la puissante fournaise patientait derrière la mer de nuages pourpres qui s’étendaient en vagues paresseuses vers l’horizon.

À travers le croissant de l’écoutille entrouverte, le ciel sombre évoluait vers le bleu profond qui ornait les bords du drapeau de l’Alliance Victorienne. Les étoiles s’éteignaient, sauf un point lumineux qui marquait l’horizon à l’est. Pas une étoile : c’était le phare du port qui les invitait avec des faisceaux jaune sodium et orange.

Quelques minutes plus tôt, son père avait allumé le phare avant. Une étroite bande de lumière phosphorée avait allumé les nuages devant eux, les transformant en fantômes dansants avant qu’ils glissent sous le ventre du cargo. Quatre secondes plus tard, une réponse était arrivée du port de Concord, un faisceau de lumière d’un blanc si éclatant qu’elle semblait bleue.

Porté par le même puissant courant aérien, le Mad Bundle accosterait à la cité dans quelques heures.

C’était plus de temps que nécessaire pour une inspection rapide des câbles et de l’enveloppe de gaz qui gardait le vaisseau en l’air.

#

La jeune fille était un des deux « singes » à bord du cargo de son père, un vaisseau de taille modeste spécialisé dans le transport des fruits, de vins de qualité et de barils de bière, des marchandises produites sur les cités agraires.

Une main gantée retenant l’écoutille que le vent souhaitait ouvrir, le père de Maragi empoigna de l’autre le grand levier qui ramenait les voiles du cargo dans leur espace de rangement. Quand il tira, elle entendit le son affligé des rouages activés par le moteur principal, et le chuintement des tissus tiré de leur mat et poussé à l’intérieur des longues rainures au bas de la coque.

Cela prenait cependant une main humaine pour attacher ces voiles, afin que le Bundle puisse naviguer avec grâce dans les courants turbulents engendrés dans le sillon d’un objet aussi grand qu’une Cité des Nuages.

— Prête? demanda son père, une main sur la poignée de l’écoutille, ses yeux de glace bleue posés sur elle.

Elle hocha la tête, cachant sa nervosité sous un sourire.

Le capitaine Edward Galen avait jadis été un jeune grimpeur de mât de la Flotte Victorienne. Des douzaines d’années avaient érodé la rondeur de ses joues et ajouté à ses yeux limpides un réseau de rides de vigilance. Le soleil avait cuit son visage pour lui conférer le brun chaleureux d’un gâteau d’avoine.

Bien entendu, les marins faisaient de leur mieux pour se garder à l’ombre, mais vous n’aviez pas cette liberté lors des affrontements de la Flotte Victorienne contre les forces du Sceptre, un groupe de cités rivales qui partageait la même bande de latitude, ou contre les Ours Polaires, dont les cônes enneigés volaient autour du pôle Nord frigide.

Des villes en constante dérive compliquaient la politique et les guerres.

L’Alliance Victorienne prenait avantage du puissant courant-jet et s’enorgueillissait de la vitesse de ses vaisseaux militaire. (Certains voguaient à plus de 7000 mètres, leurs pilotes affrontant les dangers de l’hypoxie avec des réserves d’air. Les cargos marchands se cantonnaient sagement à des altitudes plus basses.)

D’autres grappes de cités se partageaient les latitudes tropicales, flottant entre 3500 et 5500 mètres, mais aucune ne divergerait trop loin. Une cité tropicale dérivant au nord se ferait immanquablement capturer (et taxer!) par les forces Victoriennes ou celles du Sceptre, la première des deux dont un vaisseau croiserait le chemin de la ville itinérante.

— Le vent nous emporte tous, avait déclaré sa mère depuis son lit d’hôpital, peu importe quels rois ou dieux nous implorons.

***

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Critiques :Sam Tomaino au sujet de SF Revu a écrit:

A great engaging story!

Norman Cook au sujet deGoodreads a écrit:

...the first of a series, one that I look forward to.


978-1-990824-21-0 papier

978-1-990824-22-7 ebook

144 p.

steampunk heroines/ coming-of-age novel / climate fiction / aero-steampunk/airships/hovering cities in the sky

Condor Cliff

A Lady Byrd Adventure

Trapped in the most beautiful place on Earth... What a fearless birder to do?

A short and spirited story introducing the energetic Lady Byrd, written by Michèle Laframboise, multi-award winner author and amateur ornithologist.

Fun, danger and birds!

Parution :
Maison d’édition : Echofictions (https://echofictions.com/)
Étiquettes :

978-1-988339-02-3 epub

978-1-988339-08-5 paperback

published 2017 by Echofictions

5 x 8 in

9.95 cdn paperback

2.99 ebook

 

Chicks & Chickadees

A fearless Lady Byrd Adventure

Virtue is a white robe only women get to wear…

Equipped with her Sibley Guide, explorer hat and trusty binoculars, Amanda Byrd tracks the most elusive winged species, solving some problems along the way.

Everything in this bird tour has gone awry: Lady Byrd wakes up too late because the tour guide forgot to arrange the calls. In a foul mood, she has to get to the site herself.

Then, her path crosses that of a pregnant birder stuck in the throes of an abusive relationship, and cornered into a hard choice only women faced. What can an expert birder do to lift this fog of sadness?

A spirited and hopeful story with the energetic Lady Byrd !

With either words or pictures, Michèle gently draws readers inside haunting universes inhabited by memorable characters.

Parution :
Maison d’édition : Echofictions (https://echofictions.com/)
Étiquettes :
Extrait :

1

See meeee!

The fluted call woke me from my heavy sleep. That chant was as familiar as my living room couch, coming from the tiny throat of a black-capped chickadee. The rest of the year, that small quick bird emitted a short chip, or a gleeful nasal, ha-han-han-haan, more reminiscent of a duck quack. They were the life of the party in any forest; hanging a lump of fat in a net is a sure way to invite them to any backyard.

But, as the snow melted, the perky chickadees’ thoughts turned away from food. They started singing that soft whistle.

See meee!

The bird was enjoying the morning; I wasn’t. At all.

A budding headache reminded me how foolish I had been to accept that glass of wine yesterday evening, even the light white brand that complemented the meal served at the hotel hosting our birding group. One blond lady was endlessly raving about her 150 mm cam, but I lost most of her words.

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I pushed off the big fluffy down hotel coverlet from the bed, striking with my feet like I would a nighttime aggressor.

(I am lucky to never have experienced the event, but my niece had.)

(She did OK and sent the stupid horny student to the hospital. Nevertheless, I take extra precautions.)

I balanced myself to sit on the edge of the bed, my feet hanging inches from the floor. Extra-high hotel bed. A tingling feeling of something wrong nagged at me. Not the headache.

Then my eyes fell on the digital clock on the lacquered nightstand.

Ten past six. AM.

Holy Moly!

I was supposed to get up at five-thirty, eat a small collation and board the minibus that would take me and a dozen others to a secluded spot where a famed warbler had been last observed.

That warbler was that kind of elusive brownish bird, easier to hear than see. Its off-key colors made them the opposite of the chickadees: not only difficult to see, but a challenge at identifying.

Birders woke very early to get to the field at dawn. I winced. By now, the tour bus would have left with the rest of the group.

On my precedent birding tours, the organizers usually managed the morning calls so everyone was woken around the same hour, generally 5h00 or 5h30 AM.

I hadn’t met the Sully Bird Tours manager yet, only the athletic brown-haired girl, a Lucy Something (I should have remembered her name but the flight had left me slightly zombified) who greeted me at the airport and lifted my bags without breaking stride. She had driven me to this three-star hotel, where I later met the birding party, but the Sully of Sully’s tour had been apparently busy elsewhere.

If the manager was around her age, maybe he had left a Facebook message, Twitter notification or I don’t-know-what-tech alert to the tour members, not thinking that some tour members could be old enough to be his mother. Or grand mother, if he was that young.

I felt a surge of wrath towards this Ronald Sully. A competent birding tour manager would have made sure all members were up and seated before taking off.  Especially when said members had paid north of one thousand dollars for one week-end, all-inclusive package.

See-mee!

The love call tempered my disappointment. A chickadee’s spring mating call was a soft flute, not migraine-inducing at all. Maybe Ron Sully had called my room number, and I had been sleeping too soundly to be roused?

I checked the hotel phone.

No blinking red light. So no calls. I thought fast.

If I skipped breakfast and toothbrushing, I had a thin chance to catch the 6h30 AM hotel shuttle and get to the Park entrance in time. Normally, I would have called a taxi, but the town abutting the gigantic park didn’t have a lot of those, and no way at my age would I adopt the Uber application my tech-savvy nephew was raving about.

My hands went to my night gown, holding my full bladder.

To the bath-cave, my numb brain ordered.

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Mature public

978-1-988339-81-8 paperback
978-1-988339-80-1 ebook

9.95 CDN paperback

 

The General’s Garden

A Gardeners' Universe Story

Warriors are the best gardeners...

In the lush city of Talmur, young Chaaas and his friends creep into a retired military's property, eager to sample his exotic fruits. However, the general's faithful bodyguard is watching...

A short graphic novel set in the universe of the space-faring Gardeners civilisation, sprouting from the fertile imagination of SF writer Michèle Laframboise.

Parution :
Maison d’édition : Echofictions (https://echofictions.com/)
Extrait :

Extract The general's garden

Practical details:

Length: 48  pages
Dimensions: 5.25 x 8 paperback
B&W interior art

All ages

ISBN 978-1-990824-14-2 paperback       9.95 CDN
ISBN 978-1-990824-13-5 ebook  4.99 CDN

Published in May 2024

 

Cover comic

Duk-Prah, chasseur d’emplois

Un courageux clerc de niveau 26 passe une série d'entrevue dans un monde Donjons et Dragons... aidé de sa fidèle monture, il passera des épreuves effrayantes!

 

Originellement publiée en épisodes dans le Polyscope, journal des étudiants de Polytechnique.

 

Parution :
Maison d’édition : Zone convective
Genres :
Étiquettes :
Extrait :

Extrait DukPrah

La visite de l'entreprise qui recrute...

Duk-Prah chasseur d'emploi a été traduit en anglais et allemand

version anglaise version allemande

Duk-Prah the Job Hunter

Duk-Prah Der JobJager

Zone convective 1998

distribué par Échofictions

Technologie Salvatrice! Les polytechniciennes

La suite des gags de Technologie salvatrice, avec de nouveaux personnages juteux et une école en folie!

48 p.

Textes et dessins par Michèle Laframboise

Parution :
Maison d’édition : Zone convective
Étiquettes :

Editions Fichtre!

Technologie Salvatrice!

Compte-rendu humoristique de mes années à l'École Polytechnique. Les joies et misères des études en génie!

48 p.

Parution :
Maison d’édition : Phylactère
Étiquettes :

Editions Phylactère, 1991

48 p.

distribué par Échofictions

 

La plume Japonaise

En pleine séance de dédicaces au festival Fantasia, une auteure est subitement plongée dans un monde virtuel manga. Pour s’en sortir, elle devra réussir à signer son nom sur un personnage de cet univers avec une plume japonaise. Pendant ce temps, les fans de Fantasia qui l’ont propulsée dans cet univers commencent à en perdre le contrôle.

Une joyeuse aventure dessinée par Michèle Laframboise pré-publiée dans le fanzine MensuHell pendant deux ans!

 

 

 

Parution :
Maison d’édition : Vermillon
Genres :

ISBN 978-1-897058-96-1

56 pages

Vermillon, distribué par Échofictions

Couleurs par Christ Oliver

 

Pour les curieux, couverture de la première édition artisanale de 2006 !